Jean Claude MARION Professeur de chant Lyrique et variétés, donne des cours à Paris.



LES INFINIES POSSIBILITES DE LA VOIX

Chant, Bégaiement, expressions personnelles : maîtrisez-les grace à la méthode Marion    

Par la magie de leur voix, la couleur de leur timbre, leurs aigus vibrants et leurs graves resplendissants, les chanteurs d'opéra séduisent le public, l'envoûtent au point de faire croire à un mystère… Et pourtant la voix est une richesse commune, commune à des milliards d'êtres humains. Elle est un outil de communication, de travail, de plaisir. Pas de mystère, donc, dans la magie des voix : il existe des voix naturelles, qui bénéficient de la configuration idéale des organes concernés, et des voix travaillées, qui ont été rééduquées en fonction de leurs caractéristiques imparfaites mais prodigieusement perfectibles.

L'art lyrique se meurt en France

Depuis plusieurs décennies, on constate que les Français sont peu nombreux à interpréter les premiers rôles du Répertoire sur les grandes scènes internationales : Covent Garden de Londres, le Metropolitan Opera de New York, Scala de Milan ou Opéra Bastille à Paris. La France ne manque pourtant pas de belles voix. Le problème, c'est qu'elle manque cruellement de formateurs. Les grands chanteurs potentiels existent. On les trouve dans les conservatoires, les écoles de chant ou les chorales, mais toutes ces institutions ne font qu'utiliser leur voix telle qu'elle est, quand elles ne l'abîment pas gravement par insuffisance pédagogique ou méconnaissance de sa physiologie.

Clairement, l'enseignement du chant est en danger. Pour avoir été chanteur lyrique moi-même, pour avoir rencontré un très grand nombre d'autres grands noms de la scène, pour avoir suivi les cours des conservatoires puis accueilli en tant que professeur des élèves déçus et découragés, j'ai constaté et je veux dénoncer aujourd'hui de graves lacunes dans la façon dont on enseigne le c hant. A chaque fois, le constat est le même : les directeurs, les décisionnaires dans le domaine du chant et de la musique n'ont généralement pas les connaissances requises. Pour diriger leur classe de chant, ils engagent un grand chanteur et se reposent sur lui. Il est vrai que, à première vue, un chanteur reconnu semble le mieux placé pour expliquer la technique du chant, tout comme le conservatoire apparaît comme l'institution incontournable en la matière.

Le problème, c'est qu'un grand chanteur a une voix naturelle, instinctive. Il sait à merveille en utiliser toutes les ressources car ses caractéristiques vocales lui confèrent ce talent. En revanche, il ne peut transmettre à l'élève ses sensations instinctives, dans la mesure précisément où celles-ci relèvent du pur ressenti. Ce chanteur enseignera donc à chanter comme il le fait lui même, à l'instinct, sans tenir compte des différences fondamentales – morphologiques, anatomiques, physiologiques – que présentent ses élèves par rapport à lui.

Sans l'avoir étudié, un chanteur-né ne peut expliquer le fonctionnement de l'appareil phonatoire sur les plans musculaire et neurophysiologique, pas plus qu'il ne peut prodiguer de conseils personnalisés. Pour prendre une image, un oiseau doté de la parole ne pourrait pas nous apprendre à construire un avion. Nous avons réalisé le rêve d'Icare par des techniques très éloignées de l'imitation.

Mais revenons à cette autre liberté qu'est le chant. Imaginons, entre autres, deux cas d'école que peut rencontrer le chanteur enseignant l'art lyrique. Le premier cas, plutôt rare, est celui de l'élève qui possède la même structure anatomique et morphologique que celle de son maître : il possède une voix naturelle qu'il s'agit simplement de révéler. Le professeur de chant – bon ou mauvais – ne sera pour rien dans la réussite de son élève, ou si peu…

Le second cas représente l'écrasante majorité des élèves : un timbre agréable, une voûte palatine adéquate, une réelle volonté de s'améliorer… mais des problèmes d'émission. Ces apprentis chanteurs ont un handicap par rapport aux voix naturelles. Ils requièrent donc un enseignement personnalisé pour pouvoir rivaliser à terme avec les grands. En recevant des consignes inadaptées, ils ne progressent pas et finissent par abandonner le chant.

Un enseignement insuffisant

A un autre niveau, celui des professeurs de musique des écoles et collèges, le problème est tout aussi crucial. Pour dispenser la connaissance du chant, il faut au moins avoir pratiqué soi-même l'art lyrique. Or, n'étant pas chanteurs classiques, ni souvent même chanteurs « tout court », les professeurs enseignent sans avoir reçu la moindre formation sur le fonctionnement de l'appareil phonatoire, sur la maîtrise de la respiration, de l'articulation, et de la posture du corps.

Ces professeurs n'en constituent pas moins des chorales, au sein desquelles ils transmettent à leurs élèves des techniques erronées, au risque de favoriser un certain nombre d'affections telles que l'apparition de nodules sur les cordes vocales. C'est le cas dans de nombreuses maîtrises d'enfants, où les petits chanteurs, très sollicités vocalement, sont soumis à un entraînement intensif et inadéquat.

Il faut également insister sur le fait qu'il n'existe pas de diplôme sanctionnant la fin d'études en ce domaine. N'importe qui peut se proclamer professeur de chant et enseigner ; c'est pourquoi il existe autant de technique de chant que de professeurs. Un professeur de chant qui ignore les lois physiologiques de l'émission du chant en général et du « son à performance » en particulier ne saurait être un bon enseignant ; pire, il risque de mettre les voix de ses élèves en péril.

Or, pour éduquer ou rééduquer une voix, il n'existe qu'une seule technique fondée sur des lois neurophysiologiques et musculaires. Cette technique doit simplement être adaptée à chaque élève en fonction de sa constitution. Pour que les choses soient claires, les pages qui suivent présenteront au lecteur les grandes lignes de la « Méthode Marion ». Elle servira ainsi de référence aux commentaires techniques qui illustreront mes propos et justifieront les critiques que je serai amené à formuler. Que ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de cette technique veuillent bien se reporter à mon précédent ouvrage, Apprendre à Chanter (Hatier - Paris, 1997).

Dans tous les cas, un chanteur doit apprendre à s'écouter pour pouvoir se contrôler. L' auto-contrôle découle ici de l' auto-écoute . Il s'agit d'un principe immuable, qui permet dès la toute petite enfance d'acquérir et de développer des sensations proprioceptives opératoires. Il n'y a pas d'évolution du langage, pas d'apprentissage du son parlé ou chanté sans auto-écoute puis auto-contrôle . Ce sont ces deux facultés qui permettent la vérification immédiate et, le cas échéant, la rectification.

La technique de chant telle quelle doit être enseignée aux élèves s'appuie sur ce principe qui trouve sa source dans l'étude des organes de la phonation associé à une approche individualisée. C'est à cette seule condition que l'on obtient des résultats valables, pérennes et encourageants pour les chanteurs.

Du chant plaisir au chant thérapeutique

On n'apprend pas à chanter que pour en faire un métier. Le plus important – de très loin – c'est la joie de vivre que l'enfant et l'adulte y gagnent et, par voie de conséquence, l'équilibre et la concentration que le chant leur procure. Il ne faut pas négliger le fait qu'une bonne technique de chant enseignée au collège a des effets bénéfiques sur l'équilibre de l'élève, tant sur le plan scolaire que sur le plan social. Excellent moyen de relaxation s'il est bien maîtrisé, l'art du chant constitue aussi une ouverture au monde sensible qui, pourquoi pas, se transformera peut-être en une véritable passion. A l'inverse, s'il est mal enseigné, l'art du chant peut être à l'origine d'un déséquilibre psychique portant gravement atteinte à la santé de l'enfant comme à celle de l'adulte.

Une fois la bonne technique vocale mise en œuvre, les performances attendues seront différentes selon que l'élève est un enfant, un adolescent ou un adulte. De même qu'un enfant qui aborde le sport ne pourra rivaliser en effort avec son aîné bien entraîné, de même le chanteur en herbe se verra invité à travailler sa voix souplement, sans jamais la forcer.

De par ma propre expérience de jeune chanteur, puis d'adulte, puis enfin celle que j'ai acquise au contact de mes élèves, je déclare qu'un enfant apprenant à chanter avec un bon professeur ne rencontre aucune difficulté pendant le processus d'évolution de la mue. Progressivement, imperceptiblement, sa voix devient de plus en plus performante. Graduellement, son timbre s'assombrit, ce qui est tout à fait normal puisque les muscles de la phonation, et en particulier ceux des cordes vocales, gagnent en pression d'accolement, en tonus et en tension. En fait, l'étude du chant constitue pour le jeune chanteur une thérapie indispensable à la santé et à la croissance de ses organes phonatoires. Je prétends donc qu'il n'est pas nécessaire de suspendre les études de chant pendant la mue du garçon, dès lors que toutes les précautions nécessaires sont prises. Si le professeur fait travailler l'adolescent avec toujours le maximum de souplesse, sans jamais forcer sa voix, la mue aura lieu sans aucun dommage.

Outre le plaisir et la détente qu'il procure, le chant possède des vertus thérapeutiques nombreuses. Ainsi, par le contrôle et la maîtrise de leur diaphragme en appui abdominal :

  • Les enfants et les adultes asthmatiques voient leurs difficultés respiratoires s'atténuer progressivement en très peu de temps (six mois environ) ;
  • Les émotifs apprennent à dominer les situations qui les embarrassent ;
  • Les sportifs améliorent très nettement leurs performances ;
  • Les musiciens et instrumentistes à vent (trompettistes, saxophonistes, flûtistes…) ressentent un bien être indiscutable pendant l'interprétation d'une œuvre ;
  • Les femmes enceintes accouchent dans des conditions idéales ;
  • Les bègues se mettent à parler plus facilement à la suite d'exercices de vocalises, de posture du corps, de respiration abdominale et d'articulation. J'ai maintes fois pu constater que l'application de la technique du chant dans son ensemble donne aux élèves souffrant d'un lourd handicap d'élocution de réels espoirs de guérison rapide.

L'asthme, des perspectives de guérison

L'asthme est une maladie caractérisée par des crises de dyspnée qui se traduisent par une réelle difficulté à respirer et des essoufflements. Les médecins recommandent aux patients des cures thermales et d'altitude, et plus généralement une hygiène de vie régulière toujours profitables aux asthmatiques comme à d'autres malades chroniques. Fondées en grande partie sur l'usage de la respiration abdominale, les techniques de chant que j'enseigne produisent sur les personnes atteintes de ces carences respiratoires un effet encore plus bénéfique.

Le fait de pratiquer l'inspiration et l'expiration pendant les exercices de chant renouvelle sans discontinuer l'oxygène dans le sang. D'autre part, cette pratique oblige tout l'appareil respiratoire et les muscles s'y rattachant (diaphragme, muscles abdominaux, scalènes et sterno-cleïdo-mastoïdiens ) à devenir ou redevenir performants.

J'ai été asthmatique étant enfant et le chant a été pour moi un sauveur. Sachant que l'asthme apparaît chez des sujets présentant une hérédité asthmatique ou allergique, souvent anxieux, avec parfois des problèmes psychoaffectifs, on est en droit de fonder de grands espoirs sur l'étude du chant tant les résultats qu'il apporte paraissent souvent inespérés. Outre les bienfaits de la respiration abdominale, les vibrations produites par les cordes vocales, en se répandant dans le crâne, régénèrent les neurones du cerveau et donnent au chanteur une impression de bien-être indiscutable. L'anxiété disparaît. Le patient retrouve progressivement une bien plus grande aisance à respirer. Les symptômes de l'asthme deviennent beaucoup moins fréquents et parfois s'effacent définitivement.

Les émotions contenues ou masquées

L'émotion est un trouble spontané, une agitation passagère causée par un sentiment violent de peur, de surprise, de joie… Ce trouble, les émotifs le contrôlent très mal. Mon expérience de la scène, du sport en général et de la pratique des sports de combat en particulier (dans le karaté par exemple, vous ne devez pas vous laisser surprendre par votre adversaire qui lui-même ne doit pas se rendre compte de votre état émotionnel) m'a amené à réaliser qu'un trouble quel qu'il soit arrive toujours par surprise, et que les réactions qui en découlent ne sont pas toujours celles qu'on devrait avoir. Par conséquent, des compensations s'imposent. Il s'agit dans un premier temps d'acquérir une maîtrise parfaite de son comportement devant n'importe quelle situation, pour ensuite développer les réflexes appropriés à cet évènement.

Comment y parvenir ? Vous apprendrez plus en avant qu'un diaphragme en contraction donne au souffle phonatoire des capacités surprenantes pour la réalisation des sons. Sachez aussi que la contraction lui donne d'autres vertus, et notamment celle de pouvoir gérer tous les muscles du corps. Je le déclare fermement : tout effort musculaire doit être réalisé avec un diaphragme en contraction. On ne peut pas aller aux toilettes si le diaphragme n'est pas contracté ; on ne peut pas travailler ses abdominaux si ce muscle n'est pas bandé ; on ne peut pas lever un poids avec un diaphragme non contracté (c'est-à-dire simplement en tension).

On doit donc apprendre à contracter immédiatement son diaphragme, au moment où surgit une émotion, de façon à ce que tous les muscles du corps soient sous sa dépendance. Le cerveau, ainsi libéré des contraintes de gestion du physique, voit sa concentration focalisée uniquement sur l'évènement à traiter. Toutes les émotions sont alors maîtrisées, contrôlées. Elles ne disparaissent pas de l'esprit, mais le corps n'en laisse rien transparaître. En fait, elles sont contenues par une technique. Cette technique, c'est celle d'un diaphragme en contraction qui a le pouvoir naturel, par notre seule volonté, de rendre notre corps indépendant, au service du cortex (NB : le diaphragme est relié au cortex par le nerf phrénique).

Un coup de fouet aux performances sportives

Bien sûr, la technique de la respiration abdominale concerne également les sportifs car elle leur permet d'améliorer sensiblement leurs performances. Instinctivement, lorsqu'on fait un effort, on contracte toute la paroi abdominale (diaphragme, abdominaux). Mais on le fait sans technique, si bien que le diaphragme ne reste contracté que pendant l'effort, et non en appui abdominal constant.

A l' INSEP , où s'entraînent les sportifs français de haut niveau, j'ai rencontré plusieurs athlètes dont un vice champion du monde du décathlon à qui j'ai demandé s'il prenait conscience de sa respiration au moment de l'effort. Après que je lui eus expliqué ma technique, il m'a répondu qu'il devait la pratiquer automatiquement, sans s'en rendre compte. J'exprimais alors le souhait qu'il m'explique ce qu'il ressentait lorsqu'il démarrait le processus de l'effort : il fut incapable de le décrire.

Lorsque je reçois pour la première fois un élève chanteur ou bègue, je commence par lui expliquer la technique de la respiration abdominale. Je décris des exercices à effectuer tous les jours afin que les sensations qu'ils procurent et les bénéfices qui en découlent puissent progressivement s'intégrer dans tout le corps.

Une fois que l'élève a bien pris conscience de l'intérêt de cette technique, nous passons alors à la pratique en utilisant un vélo d'appartement. L'élève se met en position et commence à pédaler. Je lui demande alors d'inspirer, de contracter son diaphragme et de le maintenir en contraction au moment où il décidera de produire une tension musculaire importante (celle réalisée au cours d'un sprint par exemple). On s'aperçoit alors que les jambes déroulent plus vite et sans difficulté majeure, notamment lorsque la roue du vélo est fortement ralentie par le galet presseur. Cet exemple vaut pour toutes les disciplines sportives : au moment de fournir un effort, il suffit que l'athlète mette en application la technique de la respiration abdominale pour voir immédiatement ses performances atteindre sans effort des niveaux qu'il ne soupçonnait pas.

Instruments à vent : plus de facilité dans l'interprétation

A l'évidence, la respiration abdominale peut aussi rendre d'immenses services aux musiciens jouant un instrument à vent (trompette, flûte, saxo, etc.). Certes, chez le chanteur le son est produit par les cordes vocales alors qu'ici il est généré par l'instrument, mais le processus de production de souffle est globalement identique.

Si le chanteur applique mal la technique de la respiration abdominale, il y aura forçage vocal. Dans le cas du musicien, la pression d'air sous-glottique sera également mal approvisionnée, inconstante voire discontinue, car la mauvaise utilisation du diaphragme induit un relâchement de l'appareil phonatoire.

Je recommande donc à tous les musiciens ayant le bonheur de jouer d'un instrument à vent de s'instruire sur cette technique. Elle leur rendra de grands services et les fatiguera beaucoup moins pendant l'interprétation d'une partition. Ils doivent absolument prendre conscience du fait que la contraction continue du diaphragme, à l'inspiration et pendant toute l'émission du souffle, reste une approche totalement naturelle d'un point de vue physiologique. C'est assurément la seule qu'il leur soit nécessaire de pratiquer s'ils tiennent à se perfectionner.

Les femmes enceintes accouchent dans des conditions cliniques idéales

Le diaphragme est une cloison musculo-tendineuse en forme de voûte qui sépare le thorax de l'abdomen. Principal muscle de l'inspiration, c'est lui qui fait rentrer l'air dans les poumons en se baissant de quatre à six centimètres selon les individus et en s'appuyant sur les viscères (estomac, foi, intestins…).

A mesure que le fœtus grandit dans l'utérus, la femme enceinte voit sa masse abdominale augmenter de volume et se sent ainsi de plus en plus essoufflée dans la respiration. En effet, le diaphragme voit ses fonctions limitées car son parcours à l'inspiration est réduit. L'apport d'air dans les poumons étant diminué d'autant, l'oxygène arrive en quantité insuffisante. Cette carence d'approvisionnement en oxygène réduit les capacités physiques et toniques de la femme enceinte pendant l'accouchement. Nombreuses sont celles qui accouchent avec difficulté, avec de sérieux problèmes pendant le processus de la parturition.

Qu'on me pardonne ce petit témoignage personnel, ma femme a été enceinte à deux reprises et a eu un accouchement difficile pour le premier enfant. Finalement, tout s'est très bien passé en appliquant la respiration abdominale pendant le processus de délivrance du bébé. J'ai une amie en Belgique à qui j'ai enseigné la respiration abdominale par téléphone. Là encore tout s'est superbement bien passé. J'ai ainsi rendu service à de nombreuses femmes qui souhaitaient utiliser ma technique.

Dans le cas bien précis de l'accouchement, cette technique doit cependant être adaptée. Elle nécessite une préparation physique et des exercices de respiration abdominale à pratiquer chaque jour pendant trois ou quatre mois avant l'accouchement. En résumé, voici quelles en sont les grandes étapes :

1- Lorsque le gynécologue ou la sage femme demande de « pousser » pour faire sortir l'enfant, faites une inspiration profonde et mettez le diaphragme en contraction constante.

2 – A ce moment précis, employez la technique de l'inspiration et de l'expiration rapide (décrite dans mon manuel Apprendre a Chanter ) en gardant toujours le diaphragme contracté afin d'approvisionner le plus possible le sang en oxygène. Ainsi, vous vous sentirez plus énergique, et le bébé restera là où la première « pousse » l'a installé.

3 – Renouvelez une seconde, puis une troisième « pousse » (et ainsi de suite) en appuyant bien sur votre diaphragme et en continuant de pratiquer la respiration abdominale jusqu'à ce que le premier cri de votre enfant vous fasse comprendre que vous venez de donner la vie.

Un réel espoir pour le bégaiement

Sans conteste, les techniques de chant pallient les défauts d'élocution et le bégaiement. Mieux, la preuve est faite que ces défauts peuvent être rapidement et définitivement éliminés si les techniques de chant sont bien comprises, bien intégrées et bien appliquées par la personne souffrant de ces troubles.

A cet égard, il faut sans doute s'interroger sur les différentes thérapies proposées actuellement aux personnes bègues. Il en existe plus de 450 qui prétendent chacune pouvoir éliminer le bégaiement. On peut se poser des questions sur leur crédibilité dans la mesure où ces techniques, créées par des thérapeutes qui jugent d'après leurs seules opinions personnelles, se révèlent toutes éminemment subjectives. Et bien sûr, elles ne prennent en considération aucune référence anatomique ni physiologique ; elles ne se fondent sur aucune science traitant des fonctions ou des organes par lesquels les troubles se manifestent.

Deux de ces thérapies sont assez typiques des seules méthodes aujourd'hui proposées aux bègues. La première est appliquée par certains professionnels de la rééducation de la voix (les orthophonistes notamment), et ses résultats ne sont pas significatifs. Lorsqu'elles aboutissent, c'est au bout d'une très longue période de traitement. Cette technique ne s'adresse qu'à des personnes ayant un niveau intellectuel assez élevé. En effet, toutes les explications énoncées par le thérapeute sont formulées subjectivement et, par conséquent, difficiles d'accès. C'est pourquoi les patients n'ayant pas l'habitude de l'analyse et de la synthèse auront du mal à se l'approprier.

La seconde est très violente. Les résultats obtenus sont souvent imparfaits et un très grand nombre de bègues, pour n'avoir rien appris, repartent découragés et frustrés en fin de stage. Son créateur, ancien bègue, ne possède aucune notion scientifique en matière de physiologie et anatomie des organes de la voix. Là encore, le subjectif est roi.

Pour la plupart, les thérapeutes conçoivent leurs techniques d'après leur propre expérience, techniques qui, selon eux, doit apporter une élimination spectaculaire du bégaiement. La vérité, c'est que peu de méthodes réussissent à soulager complètement les personnes atteintes de ce handicap. En fait, de nombreux chercheurs travaillent sur ce problème depuis des décennies et n'expliquent toujours pas pourquoi une personne bégaie. On dit que le bégaiement peut procéder de plusieurs types de dysfonctionnements - psychologique, neurologique, neuromusculaire, etc.

En essayant de comprendre le bégaiement pour pouvoir l'expliquer, je me suis rendu à une évidence : le bègue ne sait pas se servir de son appareil respiratoire (c'est-à-dire de son diaphragme, principal muscle de l'inspiration) ni de son appareil phonatoire (larynx, pharynx, muscles du verbe, etc.). Il articule mal lorsqu'il parle, si bien que la machine à dire des mots et des phrases fonctionne mal. Quelle qu'en soit la raison, cette machine est bloquée, inhibée, désynchronisée. En appliquant une technique de chant adaptée, mon but est alors de « remettre les moteurs en marche ». Ceux de l'appareil respiratoire (respiration abdominale), de l'appareil phonatoire et de l'appareil musculaire de la parole.

En fait, tout ce que l'être humain apprend et effectue procède de l'intégration par le cerveau d'un message sensoriel. C'est l'analyse et la synthèse de ce message qui décident de sa réalisation. Par exemple, si je dis à quelqu'un « lève ton bras », son cerveau transmet l'ordre aux muscles du bras par l'intermédiaire des nerfs relatifs à ceux-ci, qui réagissent en conséquence pour induire le mouvement ordonné. C'est donc une séquence d'actes neurophysiologiques et musculaires que nous répétons à chaque fois que nous désirons « apprendre » à faire un geste, quel qu'il soit.

Tout naturellement, c'est une séquence d'actes du même type que les personnes atteintes de difficultés d'élocution et de bégaiement doivent petit à petit réintégrer instinctivement si elles souhaitent apprendre ou réapprendre à bien s'exprimer. Il est par conséquent impératif que le thérapeute soit un pédagogue compétent. Il faut aussi qu'il soit suffisamment instruit du fonctionnement des organes de l'appareil phonatoire et respiratoire, afin qu'il puisse transmettre à son élève les bonnes informations. Ce faisant, les résultats seront très souvent excellents.

Pour ce qui me concerne, tous les élèves de mes cours de chant, bègues ou non, commencent par apprendre le fonctionnement de l'appareil phonatoire, apprentissage fondé sur la neurophysiologie . Grâce à cette connaissance, ils peuvent visualiser les processus en cours à l'intérieur d'eux-mêmes et développer ainsi des sensations proprioceptives qui très rapidement les aident à progresser, comme des sportifs. Et pour ce qui concerne spécifiquement le bégaiement, l'étude de l'articulation et de la posture du corps s'avèrent un complément indispensable à l'élimination définitive de ce handicap.

Pour contacter Jean Claude Marion, professeur de chant :

Tél. : 06.77.52.55.64
Email : jcmarion@jcmarion.com